Mise à jour : 25/11/2022

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Fertilisation azotée des prairies : stratégies d'adaptation au contexte actuel

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La fertilisation azotée des prairies peut se raisonner en actionnant plusieurs leviers. L’apport d’azote minéral en est un, mais avec son coût actuel, il est à ce jour opportun de se pencher sur quelques stratégies visant à en utiliser un minimum, sans pour autant pénaliser la santé et la productivité des prairies.

Miser sur la composition fourragère

La fourniture en azote du sol dépend tant de la nature du sol que du mode d’exploitation, mais également de la composition du couvert. Les légumineuses, en particulier le trèfle blanc, diminuent les besoins de fertilisation. Au-delà de 30% de trèfle blanc dans la prairie au printemps, sa contribution de l’ordre de 100 unités d’azote est suffisante à la nutrition azotée de la prairie.

Pour redynamiser une prairie en bout de souffle, notamment si le sol est compacté, il est possible de faire un sursemis de méteil fourrager (seigle, triticale, trèfle annuel, féverole) dans des prairies dégradées par la sécheresse. La méthode a plusieurs objectifs : limiter le salissement de la parcelle, augmenter la biomasse à récolter au printemps et relancer la vie du sol. Cependant, il s’agit d’une méthode assez aléatoire. Pour mettre toutes ses chances de son côté, il est primordial d’employer un semoir de semis direct, de s’y prendre tôt (avant le 10 octobre), et sur une prairie fortement dégradée, qui présente des trous de la taille d’une assiette.

Apporter de l’azote sur les prairies

Ne pas hésiter à faire pâturer les prairies destinées habituellement à la fauche tant cet automne qu’en guise de déprimage en début de saison. L’azote consommé par les animaux sera restitué au sol sous une forme facilement assimilable. La restitution des déjections animales est dans ce cas de l’ordre de 15 à 20 unités d’azote efficace pour la prairie.

Selon les stocks, épandre les effluents d’élevage en petites quantités en priorisant les prairies sans trèfle. On préfèrera de petits épandages à l’automne pour relancer l’activité du sol et minéraliser l’azote, ce qui sera d’autant plus bénéfique sur la reprise au printemps. Sur de jeunes prairies implantées, les apports d’azote sont déconseillés la 1ère année d’exploitation, pour ne pas pénaliser l’installation des légumineuses.

Un apport minéral mesuré (50 unités d’azote au plus) peut s’avérer efficace sur des parcelles principalement exploitées par la fauche, peu amendées en effluents organiques, pauvres en légumineuses, et ayant une faible activité biologique. Dans ce cas, un apport 3 à 4 semaines avant la récolte va d’une part permettre à la prairie de croitre sensiblement, et va également améliorer la teneur en MAT de l’herbe récoltée. A terme, apporter de l’azote minéral va surtout favoriser les graminées au détriment des légumineuses, qui sont pourtant les contributeurs les plus économes à la nutrition azotée des prairies.

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